Villa Belouve

Gard (30) – Livré en 2025

TYPE PROJET : Construction d’une maison dans un site à forte pente
MAÎTRE D’OUVRAGE : Privé
TYPE MISSION : Mission complète
SURFACE CONSTRUITE : 135m²
MONTANT DES TRAVAUX : 350k€ HT

THÉMATIQUES : habiter la pente et le grand paysage / insertion paysagère / révéler les qualités du site / architecture légère / ossature et bardage bois / confort bioclimatique

LE PROJET

Le projet de la maison Belouve s’inscrit au nord-est d’un village du Gard, sur un versant collinaire faisant face à un monastère. Il prend place dans un paysage de transition, à la fois agricole et naturel, où le relief a été patiemment modelé par l’activité humaine au fil du temps : dépierrage des sols, stabilisation des pentes, création de talus et de plateformes successives ayant permis l’installation des anciennes cultures.
Aujourd’hui, ces terrasses agricoles, progressivement abandonnées, ont été reconquises par une végétation spontanée et endémique. Le site est recouvert d’une garrigue dense et évolutive, mêlant chênes verts, pins isolés, cyprès, arbustes épineux et feuillus dispersés. Cette mosaïque végétale compose un camaïeu changeant de verts, de gris et de teintes paille, évoluant selon les saisons et les conditions climatiques. Dans ce paysage en recomposition, les constructions existantes s’implantent ponctuellement, souvent en suivant les courbes de niveau héritées des anciens usages agricoles. Les maisons individuelles émergent ainsi du relief, avec leurs toitures en tuiles aux tonalités orangées contrastant avec les masses végétales. Les façades enduites, aux couleurs variées, forment des aplats distincts dans le paysage, tandis que les vitrages captent la lumière et reflètent le ciel, créant des points miroitants dans un ensemble globalement mat et texturé.
Le site est structuré par des éléments paysagers forts. Le chemin en contrebas constitue une horizontale majeure, lisible à l’échelle du grand paysage. En vis-à-vis, sur le point haut opposé, l’ancien monastère domine la plaine. Leur implantation et leur matérialité en pierre locale ou enduits minéraux patinés leur permettent de s’intégrer avec justesse dans les teintes du relief environnant, entre affleurements rocheux et masses végétales.
C’est dans ce contexte sensible que s’inscrit la maison Belouve. Le terrain acquis par les clients présentait à la fois de fortes contraintes et un potentiel paysager remarquable : parcelles en lanière, pente marquée, vues longues vers la colline et le Mont Ventoux. Plutôt que de chercher à les effacer, le projet fait le choix de s’y adapter pleinement et d’en révéler la logique.
L’architecture se développe ainsi en longueur, dans le sens des courbes de niveau. Le plan en ligne brisée épouse le relief existant et limite au strict nécessaire les terrassements. La construction se pose sur un socle maçonné abaissé, cherchant à s’ancrer au plus près du terrain naturel afin de réduire son impact visuel et physique sur le site. L’ensemble est conçu en ossature bois, favorisant une écriture légère et réversible.
Les façades sont traitées en bardage bois à claire-voie, non traité, permettant une insertion douce dans la garrigue environnante. Le projet s’ouvre largement vers l’ouest, en direction des vues lointaines, tandis que la façade est, située en bas de pente, assure une ventilation naturelle apportant fraîcheur en période estivale.
Une grande treille végétalisée sur mesure accompagne le projet vers le paysage. Elle constitue un filtre entre intérieur et extérieur, créant une zone d’ombre et de transition, véritable espace habité intermédiaire.
Dans un contexte de développement pavillonnaire diffus, la maison Belouve propose une autre lecture de l’habitat individuel : une architecture contemporaine, sobre et ancrée dans le site, qui s’adapte au relief plutôt que de le transformer. Un projet discret, qui revendique une forme d’évidence paysagère et de respect du territoire.
CREDITS PHOTOS : Jérémie LÉON

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