LES VEDELLES
Pernes-les-Fontaines – Début du chantier fin 2026
TYPE PROJET : Rénovation lourde d’une maison au cœur d’un site naturel remarquable
TYPE MISSION : Complète
PROGRAMME : 322m² rénové
MONTANTS TRAVAUX : 900 k€ HT
MAÎTRE D’OUVRAGE : Privé
THÉMATIQUES : Rénovation lourde / site naturel remarquable / patrimoine ordinaire / respecter le déjà-là / transformer avec justesse
LE PROJET
Le projet « Les Vedelles » concerne la rénovation lourde d’une maison individuelle des années 70, implantée dans un site naturel remarquable, en zone agricole sur la commune de Pernes-les-Fontaines, dans les premiers reliefs à l’est du plateau des Monts de Vaucluse, en transition avec la plaine du Comtat. Le terrain, aujourd’hui fortement boisé, est un véritable lieu de vie pour la faune locale — sangliers, cerfs et biches — qui traversent quotidiennement la parcelle, rappelant la puissance d’un paysage encore largement sauvage et non domestiqué.
La maison existante est typique d’une architecture ordinaire de la seconde moitié du XXe siècle, construite sans grande ambition mais représentative d’une époque : structure en parpaings, planchers poutrelles-hourdis, toitures en tuiles mécaniques, éléments décoratifs néo-régionaux tels que génoises, bandeaux, volets pleins et encadrements marqués, le tout dans une composition fragmentée et parfois hasardeuse. Ce type de bâti, aujourd’hui largement répandu dans les campagnes, constitue un patrimoine ordinaire mais réel, qu’il ne s’agit pas de nier mais de transformer avec justesse.
Dans un contexte réglementaire qui interdit désormais toute nouvelle construction en zone agricole, l’enjeu du projet est d’intervenir sur l’existant pour en révéler le potentiel, sans pastiche ni mimétisme régionaliste. Il s’agit de dépasser l’écriture néo-provençale décorative pour revenir à une lecture plus essentielle de l’architecture vernaculaire : simplicité des volumes, sobriété des matériaux, rapport direct à l’ombre et au paysage.
Le projet prend comme point de départ une géométrie initiale complexe en forme de Z, associée à des toitures multiples et des excroissances disparates. Cette composition est restructurée par un geste unificateur fort : les angles du plan sont reliés pour générer de larges auvents protecteurs. Ces éléments deviennent des espaces intermédiaires majeurs, offrant ombre, accueil et transition douce entre intérieur et extérieur.
La pièce de vie du rez-de-chaussée est largement ouverte vers le paysage à travers de grandes baies vitrées protégées par ces auvents. Le sol se prolonge naturellement sur trois côtés pour former terrasses et cheminements, effaçant la frontière entre bâti et nature. À l’étage, une grande tropézienne creusée dans la toiture devient la principale source de lumière, transformant la toiture en dispositif habité plutôt qu’en simple couverture.
L’écriture architecturale repose sur un contraste maîtrisé entre grandes ouvertures ombragées et petites baies plus contenues, inspirées de l’architecture vernaculaire. Ces dernières assurent ventilation naturelle et confort d’été, en captant les vents du nord et les brises de colline. Le projet assume ainsi une logique climatique passive, fondée sur l’épaisseur, l’ombre et la respiration du bâti.
Les façades sont simplifiées : enduit à la chaux ton pierre, couvertines en pierre de Saint-Gens, menuiseries sobres en teinte claire. Le soubassement en pierre existant, issu d’un montage aléatoire sans véritable lien avec des techniques traditionnelles ou locales, est supprimé afin de clarifier la lecture des volumes et d’unifier l’écriture architecturale. Cette suppression participe à une démarche globale de simplification, visant à retrouver une cohérence minérale et contemporaine du bâti.
« Le Vedelles » propose ainsi une transformation radicale mais respectueuse, où l’existant est requalifié plutôt que remplacé. Le projet cherche à renouer avec une forme d’évidence architecturale, entre paysage, usage et climat, dans une écriture contemporaine ancrée dans la simplicité provençale essentielle.












