Les Monts
Saint Didier – 2023
TYPE PROJET : Maison individuelle en pierre massive de Fontvieille
TYPE MISSION : Complète
SURFACE CONSTRUITE : 185 m²
BUDGET : 515 k€ HT
REMARQUES : Maison en pierres de carrières de Fontvieille. Blocs de 130 x 70 x 36
LE PROJET
Construire une maison dans un lotissement pose la question de la relation entre l’habitat et le paysage. À Saint-Didier, la parcelle occupe une situation singulière : inscrite dans un lotissement relativement ancien, elle se trouve à sa limite, au contact d’une ancienne chênaie et d’un paysage agricole ouvert de vergers et de vignes, avec pour horizon les Monts du Vaucluse et la vallée de la Nesque. Malgré son contexte pavillonnaire, elle bénéficie ainsi d’une relation privilégiée avec un territoire plus vaste.
Le projet est né de cette situation. Plutôt que de poser une maison comme un objet sur la parcelle, son implantation cherche à construire une relation progressive entre la rue, le jardin et le grand paysage. La maison prend place au point haut du terrain, à l’alignement de la rue, puis se développe dans la longueur suivant la pente naturelle. À mesure que l’on traverse la maison, le terrain s’abaisse et les espaces de vie s’élèvent progressivement. La terrasse sud se retrouve ainsi légèrement en surplomb du jardin et du vallat, offrant une position privilégiée sur le paysage.
Cette forme allongée répond également à la présence de quatre chênes anciens, conservés et intégrés au projet. Elle permet de s’appuyer sur la parcelle voisine, restée non bâtie, et de préserver une sensation d’ouverture. Les espaces techniques et secondaires sont orientés vers les constructions voisines tandis que les pièces de vie se tournent vers les arbres, le jardin et le paysage. La maison cherche ainsi à s’extraire, par son organisation intérieure, de la logique de vis-à-vis propre au lotissement.
La maison cherche une forme de justesse ordinaire : elle reprend les caractères familiers de l’architecture locale — volumes simples et bas, toitures en tuiles à quatre pans, maçonneries enduites, ouvertures verticales — sans chercher à les pasticher. Ces éléments constituent un vocabulaire partagé, une manière de s’inscrire dans le territoire plutôt qu’une volonté de produire un objet singulier.
Cette apparente simplicité est déplacée par le travail de la matière et de la lumière. La pierre massive de Fontvieille constitue l’enveloppe principale de la maison et se prolonge dans les patios, auvents et espaces de stationnement. Les toitures à quatre pans sont fragmentées par des patios qui introduisent la lumière au cœur du plan, tandis que de grandes baies cadrent les arbres, le jardin et les lointains.
La maison trouve ainsi sa singularité dans une accumulation de réponses plutôt que dans un geste formel. Elle tente de faire avec ce qui est déjà là : les arbres, la pierre, la pente, les vues, les voisins et le paysage. Une architecture qui ne cherche pas à s’extraire du territoire, mais à y trouver sa juste place.
CREDITS PHOTOS : Clément PUIG













